La Mondialisation ou le triomphe du libre-échange
Introduction
Aujourd’hui, il n’est pas de jour qui passe sans que l’on entende, ici ou là, les gens s’interroger sur ce mot, depuis célèbre, qu’est la mondialisation. Cette expression suscite à la fois des craintes et des espérances, selon le point de vue des gens qui la présentent ou qui la reçoivent. Au fait, ce phénomène ne date pas de nos jours puisqu’il suffit de le qualifier pour s’apercevoir que, si les économistes l’ont décrit avec la connotation qu’il a revêtue particulièrement à la fin du XXème siècle, il est bien plus vieux que la vieille Europe elle-même.
La définition que nous retiendrons de la mondialisation est l’une des plus courtes à savoir qu’elle est l’extension des échanges. En effet, la mondialisation, dans son sens le plus restreint et le plus élémentaire, est née suite à la volonté délibérée des hommes qui ont ressenti dans leur existence le besoin d’échanger avec les autres.
Ainsi, lorsque l’homme vivait encore dans la tribu et le clan, s’étant rendu compte qu’il ne pouvait pas produire tout ce dont il avait besoin, il proposa alors à son voisin d’échanger avec lui les produits dont il ne pouvait se procurer lui-même. On imagine alors nos ancêtres dans leurs discussions en train de marchander pour obtenir le maïs de l’un contre les haricots de l’autre. Cela ne nous semble pas étrange que celui à qui l’on proposa pour la première fois le troc alimenta des doutes vis-à-vis du proposant. Et cela, tout simplement parce qu’il ne savait pas encore si ce marché-là était bon ou pas, s’il n’existait pas de vices cachés de la marchandise, du point de vue de l’acceptant une sorte de canular ourdi par le fait du proposant. Sauf que l’histoire retiendra que la confiance l’emporta sur le scepticisme, puisque dans l’échange les deux parties sont toujours gagnantes dès lors que le consentement au contrat est libre et éclairé.
Ainsi donc, les écrits des faits historiques nous rapporterons que dès l’Antiquité gréco-latine, un vaste marché commun s’était déjà constitué. Ne parlons même pas de la route de la soie pendant la Renaissance, des voyages des explorateurs et navigateurs qui, certes, pouvaient avoir pour dessein de découvrir des mines d’or ou tomber par hasard sur une terra incognita. Mais, même avec cet objectif-là, cela ne les empêcha pas de rapporter des produits exotiques et de remporter des biens locaux. Nous citerons avec intérêt Mungo Park, Christophe Colomb, David Livingston, Vasco de Gama, tous, ayant le goût de l’aventure, de l’inconnu, du risque. En cela, c’étaient des entrepreneurs qui, sans le savoir, allaient ouvrir des portes que l’humanité n’avait jusque-là imaginées.
A cette époque-là, cela était compréhensible puisque les gens croyaient encore que la terre était plate, en dépit des travaux scientifiques de Copernic et de Galilée. Donc, l’idée de parcourir la planète et de revenir sur son point de départ leur paraissait alors et farfelue et impossible. Pour eux, la planète était tellement vaste que ses frontières étaient poussées à l’extrême, et cela, pour une raison bien simple : personne n’en avait vu les bornes.
Mais, dès lors que la terre était ronde et que l’Amérique fut découverte, l’on avait irrémédiablement sonné le glas de l’autarcie et la terre fut dévoilée. Ainsi, de petits groupes aux collectivités locales, on allait passer de nations voisines à la communauté internationale. Et conséquence immédiate, les hommes qui faisaient le négoce inter-pays voisins allaient bientôt le faire inter-continents lointains. D’où la mondialisation : extension des échanges des biens, des services, des personnes, des connaissances, des cultures, des arts, des langues, etc.
Dans notre article, nous reprendrons les arguments, d’une part, de ceux qui pensent que la mondialisation a été et demeure un bienfait pour l’humanité tout entière. Ce sont les bienheureux de la mondialisation ( I ). Et d’autre part, nous essayerons de voir pourquoi tant de gens doutent encore sur ce phénomène qu’ils ont refusé, stigmatisé, et finalement, qu’ils craignent aujourd’hui. Ce sont les désappointés de la mondialisation ( II ).
I. Les promoteurs de la mondialisation
Comme d’habitude dans l’analyse des questions politico-économiques, les grands courants de pensée s’opposent et frayent alors des chemins inverses que chacun empruntera selon ses humeurs, son histoire personnelle, ses affinités, et surtout, ses capacités intellectuelles.
Pour certains, les principes de liberté et de propriété privée auront une valeur supérieure non négociable. L’individu sera alors le centre de tout et l’individualisme sera certainement la seule voie pour sortir les hommes de la misère et de l’ignorance. Il s’agit là de ceux qui ont pris le choix du libéralisme comme principe rédempteur.
Pour d’autres, les principes essentiels seront la collectivisation des biens de production et l’intérêt de la masse passera avant tout intérêt personnel. L’holisme radical sera alors l’unique voie à suivre pour parvenir au bonheur de tous. Il s’agit là alors de l’option pour le socialisme.
Les promoteurs de la mondialisation sont issus du premier courant, le libéralisme, qui répond naturellement au besoin du premier homme qui voulait, individuellement, échanger avec son voisin sans attendre l’avis concerté et débattu de ses congénères. Cet homme animé par des intérêts personnels décidera alors ce qu’il pense être bon pour arriver à ses fins, pour savourer les délices de la vie, libre dans ses actes, partant, libre dans ses choix. Au moins pour résumer la pensée libérale, nous citerons parmi les grands penseurs libéraux l’écossais Adam Smith qui, d’abord, définit le bien-fondé et l’éthique du libéralisme dans un ouvrage de 1759 la théorie des sentiments moraux. Il y définit trois éléments importants à savoir : le principe de l’utilité, le principe de sympathie et la théorie du spectateur impartial.
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Le principe de l’utilité pourrait se résumer en ces mots : l’homme agit toujours pour se procurer un plaisir ou pour éviter une douleur. Ainsi, les libéraux ont compris les premiers que pour parvenir au progrès de tous, il fallait reconnaître ou accepter en premier lieu la réussite de l’individu au sein de la société, puisque nul être raisonnable ne chercherait à s’appauvrir, c’est-à-dire à s’attirer volontairement un maximum de supplices. C’est donc en acceptant que l’homme individuellement puisse s’enrichir que l’on pourrait espérer que la société tout entière parvienne un jour au bonheur. Sinon, le progrès n’aura pas droit de cité, car il est l’extension de la réussite individuelle à la masse populaire. La liberté est donc l’élément essentiel pour le progrès social, économique et politique.
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Le principe de sympathie s’entendrait dans ce sens : il existe à côté des intérêts individuels des instincts qui attirent l’homme vers son semblable, ce sont les instincts altruistes qui sont les principes des actes moraux. L’égoïsme humain ne saurait être perpétuel et il arrive alors à l’homme d’éprouver chez son voisin une sorte de sympathie (empathie) qui unisse les gens dans une société. C’est ce principe qui régit les relations humaines. Néanmoins, ce principe ne saurait s’opposer aux intérêts personnels, parce que si les libéraux éprouvent de la compassion pour les autres, ils agiront pour les soustraire de la misère, non pas en leur proposant des aides ou assistance stériles, mais en leur donnant du travail productif qui est la seule vraie voie de l’émancipation face aux affres de l’indigence. Et les libéraux, les vrais libéraux seront toujours au premier rang pour défendre la liberté qui permet de délivrer les déshérités de ce que les marxistes considèrent comme la fatalité de la pauvreté qui, selon eux, ne peut être évitée que par la révolte du prolétariat. En un mot : par la revanche des pauvres contre les riches. Alors que la liberté est un principe qui ouvre les portes à tous, misérables et nantis, d’accéder à l’accomplissement de chacun non point par la violence, mais par la concurrence loyale.
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La théorie du spectateur impartial s’appréhenderait comme suit : puisque la conséquence naturelle du principe de sympathie est l’acceptation de l’homme en tant qu’être social d’être jugé par les autres pour ses vertus ou contre ses vices, Smith en déduira de ce principe que les hommes ont naturellement l’intuition d’observer ce que font leurs semblables. Et que l’exigence même que des droits leur soient reconnus, la volonté d’une égalité sociale ou matérielle, ne sont qu’une envie d’avoir la situation similaire à celle de ses contemporains plus favorisés. Puisque, selon Smith, l’ordre social pousse à admirer les riches et les puissants. C’est alors en raison, tout simplement, du fait que les pauvres et les faibles veulent accéder aux palaces luxueuses et à la reconnaissance en tant qu’êtres dignes qu’ils réclament qu’on leur reconnaisse l’égalité sociale étant donné que ce n’est pas le contraire qu’ils désirent, c’est-à-dire que les nantis deviennent aussi des miséreux. Ainsi, la théorie du spectateur impartial recommande alors qu’il y ait au sein de la société un juge impartial qui puisse déterminer ce qui est bon ou mauvais pour celle-ci. C’est là que les libéraux se détacheront irrémédiablement des marxistes. Pour ces derniers, seul l’Etat peut ordonner et décider s’il y a nécessité d’intervenir. La voie du constructivisme social sera alors frayée et la règle fétiche déduite sera : « Il faut prendre les richesses des uns, les riches, pour les redistribuer aux autres, les misérables. » On comprend alors le succès de Robin des bois qui, en définitive, n’est qu’un brigand, sans foi ni loi, qui vole de leurs propriétaires le travail de longue haleine et de plusieurs générations. Il prive injustement, bien sûr, de leurs détenteurs le fruit des efforts incessants et des risques consentis. Quoi de plus monstrueux que de s’autoproclamer justicier social pour commettre l’attentat le plus ignoble que d’adopter des lois pour retirer de leurs propriétaires, par coercition, le résultat d’un labeur immolé ! C’est ainsi que l’entrepreneur va cesser de produire ou va produire sans audace puisqu’il craint d’être dépouillé par les terroristes étatiques qui l’enverront, au mieux, au goulag et à la concentration ; au pire, ad patres et à la morgue.
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Le thème de la division du travail : dans ce thème, Smith qui a voyagé dans des pays européens pour rechercher la nature et les causes de leurs richesses, en passant à Toulouse, à Genève et à Paris, il constate que la spécialisation des individus dans leurs tâches respectives conduit à une opulence générale. Pour lui, la division du travail est la source de l’enrichissement des nations. Et selon lui toujours, il ne pourrait y avoir de division du travail si on interdisait aux gens d’échanger. La division du travail a lieu par conséquent puisque les gens ont besoin d’échanger et doivent alors se spécialiser dans le rôle où ils sont le plus efficaces pour permettre le développement harmonieux de l’ensemble de la société. Il y aura alors dans la société des médecins qui soignent les malades, des instituteurs qui transmettent des connaissances aux élèves, des militaires qui veillent à la sécurité du pays, des commerçants qui apportent des biens de consommation et ainsi de suite. D’où l’éternel principe des libéraux de « laisser-faire » les gens comme ils l’entendent et dans le domaine dans lequel ils se sentent le plus aptes. En un mot : la liberté est le fondement-même de la richesse des nation.
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La théorie de la valeur : il s’agit ici de rattacher à un bien quelconque la valeur qui lui sera reconnue selon l’utilité dont on en ressent. Deux formes de valeurs des biens sont dégagées : la valeur d’usage et la valeur d’échange. En effet, un bien peut avoir une valeur subjective, c’est la valeur d’usage, c’est-à-dire celle que l’individu qui utilise le bien lui reconnaît. Ainsi, si un homme trouve amer et sans goût tel aliment, il ne l’achètera pas tant qu’il aura les moyens de s’en offrir un autre qu’il trouve meilleur. C’est de cette manière que tel article aura un prix cher ou moins cher par rapport aux autres biens au marché. Ensuite, un bien pourra avoir une valeur objective, la valeur d’échange, c’est-à-dire celle qui lui permet de se faire échanger par d’autres biens. C’est ainsi que cinq kilogrammes de caviar pourront s’échanger contre, à la fois, cinq kilogrammes de crevettes, cinq kilogrammes de thon et cinq kilogrammes de beaucoup d’autres espèces de poissons. Cette valeur du bien, l’individu seul, ne pourra la changer puisqu’elle correspond à l’état du marché. Mais, cette distinction entre la valeur d’usage et celle d’échange sera battue en brèche par le « paradoxe de l’eau et du diamant ». Effectivement, l’eau qui est le bien le plus utilisé par l’homme (valeur d’usage) devrait avoir donc, selon ce raisonnement, une forte valeur d’échange. Plus prosaïquement, l’eau devrait coûter plus cher que le diamant ! Or, ce n’est pas le cas au marché et le diamant coûte horriblement plus cher que l’eau, alors même que le diamant a une très faible valeur d’usage. Ainsi, Smith conclura qu’il existe dans un marché des prix naturels et des prix de marché. En somme, les prix naturels sont ceux qui englobent le prix propre à la marchandise et les coûts en travail. Par ailleurs, les prix de marché sont ceux auxquels sont vendues les marchandises et varient en fonction de l’offre et de la demande autour du prix naturel.
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La théorie de la main invisible : cette théorie est basée sur un principe selon lequel l’individu en société agit uniquement pour son intérêt personnel. Certes, il est plus commode de faire croire à la masse que l’on est animé par un esprit altruiste et qu’on agit pour le bien commun. Puisque l’homme accepte en tant qu’être social d’être jugé par les autres, il fait croire à qui veut l’entendre qu’il est un bon samaritain qui veille toujours aux intérêts du groupe social. Sauf que cette façon de voir les choses ne pourra plus tenir la route devant une assemblée de gens instruits, intelligents et sérieux. Leur faire croire que sa vocation personnelle est celle de conduire les gens vers la prospérité générale en leur imposant ses règles et sa philosophie les rendra plus que sceptiques. Il est même possible qu’ils renforcent le doute en vous prenant pour un charlatan célèbre qui veut faire carrière à leurs dépens, une sorte de renard qui viendrait flatter de pauvres corbeaux. On ne les y prendra pas ! Ainsi, Smith postule que tout homme agit alors pour ses propres intérêts égoïstes et qu’il ne pense guère, au premier plan, aux bénéfices des autres. Toutefois, pour réaliser son bonheur individuel, il sera amené à penser aux autres pour mieux se le procurer. Par exemple, le vendeur de légumes ne se réveille pas le matin en se donnant pour mission principale de procurer aux gens les vitamines essentielles dont regorgent ses carottes et ses betteraves. Il n’en a cure ! La seule chose qui vaille à ses yeux (et heureusement pour nous) est la réalisation de son profit personnel. Et il ne vendra pas des légumes de qualité pour nous faire plaisir et pour nous maintenir en bonne santé, mais tout simplement parce qu’il sait que s’il nous vendait des produits sans qualité, nous irons voir ailleurs et son gain égoïste ne sera point réalisé. [Alors, on psalmodiera aux oreilles des simples d’esprit que les députés et autres politiques sont là pour des intérêts supérieurs de la nation. Et non point pour gagner leur vie tranquillement comme le commun des mortels. Non, les représentants des citoyens ne recherchent point leurs intérêts égoïstes, non, quel blasphème !]
Mais, Smith comme tous les libéraux oppose au constructivisme social l’ordre spontané, puisqu’il conclut que seule la juridiction intérieure de chaque homme peut décider de ses préférences subjectives attendu que nulle organisation ou institution ne peut décider de faire le bonheur d’un homme malgré lui. Le spectateur impartial est donc l’homme libre lui-même qui décidera de rechercher ce qui lui semble meilleur et d’évincer ce qui lui paraît méprisable. Ensuite, Adam Smith comprend que le monde n’est pas un bien fini et que le gâteau non extensible que les communistes et consorts vont décrire est un bien que les capitalistes vont étendre suivant les besoins et avec les techniques appropriées. Et par conséquent, au banquet de la nature tout le monde pourra alors avoir sa place. Ces idées sont exprimées dans l’œuvre magistrale du Professeur Adam Smith de 1776 la Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations (RDN). Trois éléments fondamentaux peuvent en être déduits : le thème de la division du travail, la théorie de la valeur et la théorie de la main invisible.
La métaphore de la main invisible que Smith décrit est alors cette loi naturelle qui fera que dans un marché où tout le monde recherche à maximiser ses intérêts égoïstes en s’insouciant totalement de l’intérêt de la société conduira alors à la prospérité générale. Et cela, d’autant plus que si tout le monde se donnait pour unique mission de parvenir à ses fins personnelles, tout le monde s’en porterait mieux. Mais, si quelque individu aurait l’intention de vouloir changer cette loi de la nature, le bonheur du grand nombre en prendrait un coup de massue. Smith mettra même en garde l’Etat de vouloir s’immiscer pour réguler le marché et priver définitivement la nation de sa richesse. Smith ne craindra pas, par ailleurs, de nommer ces adeptes politiques du constructivisme social et économique en les qualifiant de fous et de présomptueux. Smith prône l’autorégulation du marché et incite l’Etat de « laisser-faire » les gens pour permettre le développement économique et la liberté de production.
Donc, l’homme qui aura la liberté de produire et de commercer sera ainsi permis de maximiser ses profits. Et si l’Etat laissait à tous le soin de s’occuper de leurs affaires, ils agiraient de même. Alors, loin de l’interventionnisme et de la réglementation étatiques, la fortune de tous sera évidemment assurée. Et c’est là l’harmonie spontanée de la société, la convergence des intérêts du peuple. Smith est, finalement, non seulement le père de la science économique moderne, mais aussi, l’un des premiers pionniers de la mondialisation qui l’a défendue avec intelligence et a montré ses bienfaits pour tous, loin d’être un phénomène destructeur, comme le prédisent les adeptes du monde fini que sont les néo-marxistes et tous les courants de cette nébuleuse. Tel que le nationaliste Adam Müller et son successeur Friedrich List le souligneront pour critiquer Smith en sous-entendant que ce dernier prônait l’universalisme apatride, alors qu’eux invitaient à la communauté nationale (en réalité, nationaliste).
Aujourd’hui, on connaît où mena ces idées de Müller qui inspirèrent Bismarck qui voulut conduire à cette communauté nationale. Cela orienta aussi vers le national-socialisme et nul de nos jours ne peut plus oser flatter les poussées de nationalisme, au moins par les discours enflammés à la Führer et sa solution finale. Mais, puisque les adversaires du libéralisme ne sont pas seulement de gauche, ceux de la droite retombent aussi facilement, bien que doucement, dans les mêmes travers que jadis où on remarquera heureusement que la gauche a depuis été guérie, au moins du nationalisme, et non point du protectionnisme.
Les promoteurs de la mondialisation invitent, en toute évidence, toutes les nations à s’ouvrir et à ne pas tomber dans la rechute de l’autarcie. Si les pays par le passé sont sortis de la misère, c’est parce qu’ils ont accepté de s’ouvrir aux autres et d’échanger avec les autres. Et je reprendrai volontiers la phrase fétiche de Serge Schweitzer (de qui je dois beaucoup cet article) : « l’échange est l’occasion de la concurrence ».
En effet, tant qu’il n’y a pas d’échange, il n’existe pas de concurrence. Et sans concurrence, nul progrès ne peut exister. Et surtout, sans échange, naîtra la guerre et toutes sortes d’invasions comme on le vit dans le passé. Imaginez un instant un monde où l’échange n’existe pas, où le commerce est banni : il n’existerait pas de science, d’art, d’instituteur, de commerçant, de banquier, de député, de ministre, de juge, d’ouvrier, bref ce monde-là serait, avec raison, insensé. Tout le monde serait appelé à produire tout ce dont il a besoin. Et puisque les besoins les plus importants sont ceux qu’on appelle primaires, c’est-à-dire l’eau, la nourriture, les vêtements, l’abri et les médicaments. L’homme, certes, pourrait être capable de se procurer l’eau par des techniques qu’il serait appelé à créer de lui-même. Et si le cours d’eau se trouvait à des kilomètres de son habitation, il serait obligé de parcourir cette distance pour se la procurer, puisque tout le monde ne pourrait habiter à proximité du cours d’eau. Mais aussi, il devrait cultiver les plantes dont il voudrait se nourrir, il n’aurait certainement plus beaucoup de choix de consommation. En bref, même s’il aurait eu le temps d’arriver à la moisson, il ne récolterait que des denrées limitées en diversité. L’africain tropical, par exemple, serait privé définitivement des douces pommes et des tendres pêches. Imaginez encore cet homme qui serait amené à se construire sa maison ; adieu aux beaux édifices et adieu aux grands immeubles. Mais, plus difficile encore, l’homme serait appelé à s’auto-soigner, alors même que l’on sait l’immensité des connaissances requises pour reconnaître les plantes médicamenteuses et pour identifier les multiples maladies elles-mêmes.
Finalement, on en déduit que cet homme-là aux aptitudes plurielles n’existerait point, même Archimède lui-même était nécessairement profane en plusieurs domaines, quoique éclatante fut son intelligence. Donc, nos ancêtres avaient eu raison de troquer, trafiquer entre eux pour reprendre le vocabulaire-même utilisé à l’époque. Et c’est ainsi que de nos jours, nous n’avons plus besoin d’aller chercher de l’eau péniblement, de nous courber l’échine pour avoir de quoi nous mettre sous la dent, de ne plus construire par nous-mêmes nos habitats, de ne pas tous nous ruer vers la Faculté de médecine. La division du travail, conséquence nécessaire de l’échange, nous a conduits tous à la prospérité. Ainsi, la science fut donnée à tout le monde et jusqu’aux peuples illettrés. Et de physiciens anglais, on est passé à des physiciens cambodgiens ; de médecins allemands, on a des médecins togolais ; d’économistes américains, on a des économistes chiliens. Les connaissances ont été apportées jusqu’à ceux qui ne pouvaient guère rêver conquérir ou acquérir, sans la magie de la mondialisation, les technologies remarquables dont les deux derniers avatars (momentanés) célèbres sont : le téléphone portable et internet. Seul l’échange nous a retirés des insalubres grottes et de leurs ténèbres pour nous conduire aux somptueux palaces et leurs lumières.
Nous aimerions donc dire aux tiers-mondistes, altermondialistes, antimondialistes d’aller signifier aux villageois du tiers-monde dont ils prétendent défendre que l’électricité n’est pas un progrès, que les bus qu’ils prennent pour se déplacer en vingt minutes là où ils parcouraient à pied en deux heures, que cela n’est pas un progrès, et alors, on saura bien si les défenseurs représentent bien l’intérêt des défendus. Enfin, nous pouvons conclure que ces thèses de glorification de la décroissance sont à jamais biscornues et que les partisans du dérèglement climatique doivent prouver scientifiquement, et non point idéologiquement, le réchauffement de la planète qui, comme nous le disent des scientifiques sérieux, ne datent pas de l’apparition de la machine à vapeur. Ainsi, nous donnerons zéro à la croissance zéro et prônerons la mondialisation et l’ouverture des frontières qui conduisent à la paix, au développement économique et à la liberté chérie des peuples.
Mais si alors, on vient de voir que la mondialisation conduit aux harmonies économiques, pourquoi alors certains la refusent, la stigmatisent et, au final, la craignent ? C’est de cette question que nous allons traiter dans la seconde partie.
II. Les contempteurs de la mondialisation
Il existe plusieurs catégories de groupes qui tous, au moins, craignent la mondialisation et ce, pour diverses raisons. Tour à tour, dans l’histoire, les hommes ont eu des réflexes différents contre ce phénomène.
D’abord, il y a ceux qui ont refusé carrément la mondialisation, puisqu’elle était accusée de réduire la richesse de la nation. Il s’agit du mercantilisme ou protectionnisme primaire. Ensuite, il y a ceux qui ne l’ont pas rejeté totalement, mais ont mis en place des politiques de protection contre elle. Il s’agit du protectionnisme éducatif ou nourricier. Enfin, il y a ceux qui la stigmatisent et avancent que la mondialisation est la source de tous les malheurs dont le monde est victime. Il s’agit de l’anti mondialisme ou l’alter mondialisme.
1. Le Mercantilisme
Le mercantilisme est un courant de pensée économique qui date du milieu du XIVème siècle dont le maître mot était l’accumulation des métaux précieux. Le mercantilisme, bullionisme ou amour du lingot naît en Europe où les nations se rendent compte que la possession des métaux précieux tels que l’or, l’argent, est un signe manifeste de la richesse d’un individu. Les nations alors rivalisent dans l’accumulation des métaux précieux puisque selon un bon raisonnement de l’époque celui qui en possède est riche. Alors par déduction, la nation qui en posséderait le plus serait la plus opulente. D’où les nombreuses expéditions du XV et XVIème siècles à la recherche de terres qui regorgeraient d’or et d’argent.
Parmi les pays qui se sont illustrés dans cette entreprise l’Angleterre, le Portugal, l’Espagne, la France, les Provinces unies, se feront une place toute particulière dans cette démarche. Les pays en concluent alors que si l’on veut rester plus riche, non seulement il faut aller rechercher les lingots ailleurs, mais encore il ne faut pas qu’ils ressortent du pays détenteur une fois acquis. La fuite des métaux précieux est alors une erreur politique que nul ne veut commettre sous peine de s’appauvrir. Pour ce faire, les échanges avec les pays voisins qui auraient eu pour finalité de faire fuir le métal précieux sont alors empêchés. Pour infructueux qu’on puisse le penser, l’échange vient alors de recevoir un coup de massue et il est alors pointé du doigt, du moins dans la mesure où il aurait pour conséquence l’exportation du lingot. Des politiques protectionnistes seront alors mis en place, notamment en surtaxant des produits étrangers bien meilleurs sur le sol national, mais en favorisant des produits nationaux au-delà du médiocre.
Cependant, cette politique protectionniste primaire va ruiner les pays européens comme l’Espagne jusqu’au XXème siècle, aussi illogique que cela puisse paraître. Les anglais et les néerlandais s’étant rendus compte, les premiers, de la catastrophe vers laquelle ces politiques allaient mener leurs pays respectifs durent se convertir au commercialisme, la France à l’industrialisme, tandis que l’Espagne et le Portugal entêtés plus que jamais demeurèrent dans le fétichisme de l’amour du lingot. Avec le commercialisme, les anglais et les néerlandais vont développer le commerce maritime d’autant plus qu’ils n’avaient pas de métaux précieux sur les territoires nationaux et leurs colonies ne vont pas en regorger, contrairement aux espagnols. Ainsi, le droit commercial sera beaucoup plus développé par ces pays et le code de commerce verra le jour ainsi que la notion de pavillon national. Avec l’industrialisme, les français, grâce notamment au ministre des finances de l’époque, Colbert, vont développer l’industrie royale comme l'avait dit Sully : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée et sont les vrais mines et trésors du Pérou. » La France échappe alors au protectionnisme et développe ses industries qui pourront ainsi en concurrencer d’autres sur le marché international.
Demeurés dans le fétichisme métallique, le Portugal et surtout l’Espagne ne pourront plus participer au commerce international, privés qu’ils sont du stimulant de la concurrence, et leurs politiques protectionnistes les ruineront à long terme que n’importe quel hasard de l’histoire tel que guerre ou catastrophe naturelle ne put le faire. Et comme par hasard, c’est depuis quelque vingtaine d’années, depuis la disparition du régime dictatorial de Franco et de Salazar que ces deux pays acceptant le principe de l’échange, donc de la mondialisation, c’est-à-dire en entrant dans une zone de libre-échange : l’Europe des douze, que ces deux pays ont pu remettre les pendules à l’heure et ont pu se développer dans une période suffisamment courte.
2. Le protectionnisme éducatif
Avec cette nouvelle forme de protectionnisme, nous ne sommes plus dans le protectionnisme primaire où l’on refusait clairement l’échange comme source de développement. Ici, l’échange est accepté au moins dans son principe comme élément essentiel qui conduit véritablement au progrès, mais l’échange n’y saurait être totalement libre. Il faut alors des politiques de protection nourricière, c’est-à-dire de protection au moins momentanée et sur une certaine activité de production nationale. Les entreprises nationales sont alors protégées, pour un temps, avant qu’elles n’aillent soutenir la concurrence avec d’autres entreprises beaucoup plus puissantes.
La parabole, en l’occurrence, est celle d’un enfant naïf qui veut entrer dans le monde et s’y épanouir librement. Avant qu’il n’atteigne l’âge de la raison, ses parents doivent l’accompagner dans ses moindres pas, le préparer par l’instruction, lui donner certains moyens matériels et moraux pour qu’une fois devenu majeur, le jeune se comporte le mieux possible en société, par rapport à ses condisciples. C’est exactement le même parallèle qui est fait pour l’entreprise nationale moins forte qui doive aller rivaliser avec des entreprises étrangères plus puissantes. Il faut la protéger, au moins pour un moment, afin qu’elle ne se fasse pas écraser par de meilleures entreprises étrangères.
Dans ce courant de pensées, nous citerons Friedrich List, un économiste allemand qui écrit un livre : principes de l’économie nationale dans lequel il définit ces principes dont le but est de permettre à son pays de mieux participer à la concurrence internationale. Toutefois, on ne saurait parler de List sans rappeler qu’il est inspiré par un autre écrivain allemand Adam Müller qui, lui, défend sa nation avec une plume bien patriotique, pour ne pas dire nationaliste (comme nous l’avons vu un peu plus haut). Il inspira, et ce n’est pas anodin, Bismarck qui voulut alors faire l’unification des pays de l’Allemagne en une seule Allemagne, comme il l’écrit : « par le fer, par le sang et par le zollverein ! » Cette remarque est bien d’importance puisque l’on sait de nos jours que l’autarcie, le repliement sur soi, l’éloge excessif de la nation, conduisent au drame et à la catastrophe.
Non seulement les pays furent ruinés économiquement, mais encore cela déboucha à la guerre comme conséquence naturelle. Ne laissons pas de côté, puisque ce serait une insulte à l’histoire, le successeur du nationalisme allemand qui n’est nul autre que le führer Hitler, chantre de l’éloge et de la fierté allemands. Le national-socialisme n’est autre chose que le paroxysme du nous collectif, le nous allemand, et l’abolition de l’individu dans la société pour lui substituer la masse qui pense et agit à sa place. L’être humain est alors effacé, il est assigné à prendre la place immuable d’un ignorant parfait et seul le groupe devient savant. Cela, alors même que les gens savaient que tout être humain avait sa singularité, que les grandes découvertes de l’humanité furent un exploit des hommes libres et non d’un groupe servile.
3. L’anti ou alter mondialisme
Ce mouvement naît suite aux conséquences négatives permises par la mondialisation. Il faut savoir que la mondialisation a créé beaucoup de richesses dans le monde, mais qu’elle a permis, comme tout phénomène pensé par l’humain, un certain nombre de choses négatives. Puisqu’il y a eu des produits négatifs de la mondialisation, les uns disent qu’il faut lui faire la peau, ce sont les antimondialistes. Pour eux, la mondialisation est subséquemment mauvaise, il faut pour cette raison précise qu’elle disparaisse. Les autres pensent qu’elle est bien mauvaise, mais qu’elle a indubitablement apporté tant de choses positives, la supprimer d’un trait serait une erreur, il faut alors la corriger.
a. L’anti mondialisme
Comme on l’a dit, les antimondialistes sont, de nos jours, les véritables ennemis de la mondialisation. Parmi eux, on ne saurait oublier les tiers-mondistes qui prônent la fin des échanges internationaux puisque ceux-ci sont viciés par l’Occident qui continue de s’enrichir et le tiers-monde de s’appauvrir continuellement, comme le dit Frantz Fanon dans les Damnés de la terre. Selon lui, les africains par exemple n’ont pas à accepter le pacte vicié des occidentaux qui ont proposé aux pays ex-colonisés afin de les rendre serviles et les appauvrir à jamais. Dit-il, il faut que les africains aillent puiser dans leurs génies nationaux la solution à leurs problèmes et non pas en acceptant l’échange et la mondialisation des occidentaux. Dans la même dialectique, nous citerons le communiste Samir Amin qui prône le communisme, après la colonisation des pays africains, comme seul remède face au libéralisme européen et américain qui ont conduit à l’appauvrissement des nations africaines. Il faut également savoir qu’à cette époque des pays communistes comme la Chine et l’Inde soutiennent la même thèse, pour eux également, il faut dire non à la mondialisation et développer l’économie nationale.
Sauf que l’histoire nous démontrera que la Chine et l’Inde suite à la chute du mur de Berlin, acceptant désormais la mondialisation et abolissant le fond communiste, vont entrer très rapidement dans le cercle des pays émergeants avec des économies éclatantes. Les pays africains, eux, demeurés dans des politiques catastrophiques, en partant des régimes dictatoriaux militaires jusqu’aux éternels présidents, vont se noyer dans la théorie du complot pour endormir les consciences. Tout analyste politique et économique ne peut que conclure à l’échec assuré des pays avec un régime à l’apparence démocratique, asphyxiés par une bureaucratie foisonnante et une clientèle électorale à soudoyer, dont les entreprises importantes sont dirigées par népotisme, des budgets toujours déficitaires, une armée aux moyens exorbitants.
Est-ce que les pays africains sont condamnés à la pauvreté comme on le pensait jadis en ce qui concerne l’Inde et la Chine ? Les antimondialistes répondent oui, et en bon analyste politique, on leur demande alors l’alternative à suivre. Ils n’ont pour réponse que le communisme et la fermeture des frontières, alors que l’on sait où mènent ces politiques. Ne perdons pas de vue que c’est dans l’échange que l’on se rend compte, ici de ses faiblesses, là de ses vertus. Et c’est ainsi qu’on peut se réformer et devenir plus compétitif. Alors que sans échange, sans concurrence, l’individu reste toujours au même niveau antérieur, le médiocre est par conséquent médiocre, pour l’éternité. « Et dans les bonnes œuvres, que les hommes donc rivalisent ! »
Et pour tout dire, les pays africains n’ont pas besoin des perpétuelles aides financières, ils doivent empoigner leur destin et aller vers les terres de la liberté et de l’essor économique. Il leur faut de vraies politiques qui favorisent la croissance économique telles que véritable démocratie libérale, liberté de principe, droit et justice, commerce libre, créativité et compétitivité.
A Bill Clinton, lors de la conférence du Caire, qui proposa aux pays africains : « Trade, not aid ! », Jacques Chirac lui répondit : « Aid, not trade ! » En somme, il faut se demander si les pays africains seront toujours des assistés de toujours, tels des enfants qui ne grandissent jamais, ou par contre décideront-ils de lever la tête et confronter la grave question de la pauvreté ? Réfléchissez un instant, voulez-vous être à la place de l’homme qui veut s’en sortir et qui va tous les matins travailler dans des conditions difficiles pour obtenir son pain quotidien, ou plutôt être à la place du clochard qui s’assoit du matin jusqu’au soir en faisant la manche tranquillement au bout de la rue ?
b. L’alter mondialisme
Ici, par contre, on stigmatise certes la mondialisation, mais on reconnaît quand même qu’elle est source d’une certaine opulence. Mais, puisque toute activité humaine a son côté jardin, l’envers du décor est totalement inacceptable par les altermondialistes. Les travers suscités par la mondialisation lui sont alors attribués et on en déduit, au moins partiellement, qu’elle est mauvaise. Il faut alors la corriger, étant donné qu’elle n’est pas sans conséquence néfaste. Les uns penchent plutôt pour sa correction quasi quotidienne ; les autres pour sa minimisation autant que possible, puisqu’elle pourrait faire basculer le monde vers un soi-disant désastre.
Mais, attardons-nous un peu sur cette réflexion. Les altermondialistes considèrent que le mal que la mondialisation peut permettre, suffit à condamner le principe-même de la mondialisation, c’est-à-dire l’échange inter-pays, inter-individus. Est-ce bien fondée cette façon de déduire à la va vite ? Prenons des exemples pour faciliter la compréhension : jouer au football a pour corollaire les blessures graves telles que fracture du tibia, lésion de la cheville, atteinte de la rotule, voire la mort du sportif suite à un arrêt cardiaque. Est-ce pour autant que l’Etat doive décréter que le sport, en l’occurrence le football, est une abomination et qu’il faille l’interdire ? Il ne faut jamais prendre les effets pour des causalités. Cet exemple est valable aussi pour de nombreux aliments que nous consommons, des risques de rouler dans une voiture ou voler dans un avion. Ce n’est pas parce que les accidents d’avion sont atroces et provoquent des centaines de mort que la prise d’un vol par un passager devient automatiquement un acte suicidaire à prohiber.
Nous concevons et avons conscience que vivre est un risque en soi et qu’accepter d’être là, c’est aussi accepter le risque sous-jacent. Donc, la mondialisation en soi n’est pas du tout une mauvaise chose, puisqu’elle est l’extension des échanges avec un consentement préalable de l’acceptant et du proposant, consentement libre et éclairé. Et vivre dans un monde sans risque serait vivre au paradis que nul ne peut espérer obtenir. Vivre, c’est entreprendre. Entreprendre, c’est accepter le risque de faire faillite, tout en espérant faire profit. Ne pas accepter le risque, c’est se condamner à l’immobilisme et à l’autarcie. Ne pas accepter le risque, c’est vivre dans le passé dans un monde en mouvement. Ainsi, nous prônerons la mondialisation et délaisserons ces politiques de précaution excessive pour donner à tous la chance de s’en sortir. Ainsi, s’ouvrira une nouvelle page de l’histoire où la liberté aura toute sa place et le plan, c’est-à-dire cette politique des sages prétendant détenir la science infuse et dictant aux peuples la bonne conduite (despotisme éclairé), sera abandonné aux vieilles archives du passé.
Et c’est plutôt du côté de Frédéric Bastiat, libéral de principe, que nous prendrons la plume pour dénoncer l’arbitraire étatique et irons puiser du côté de Montesquieu et son doux commerce les vitamines essentielles pour conduire les nations à la merveilleuse santé économique, politique et sociale. Libres et déchaînés, les peuples pourront entrer avec confiance et dignité dans les doux palais de la mondialisation radieuse.